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ABUS SEXUELS SUR DES MINEURES À TOUBA : 20 ANS DE RÉCLUSION CRIMINELLE POUR UN MAÎTRE CORANIQUE

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La Chambre criminelle de Diourbel condamne Serigne Khadim Mbacké après un procès marqué par les témoignages de nombreuses victimes et la présentation d’importantes pièces médicales

La Chambre criminelle du tribunal de grande instance de Diourbel a condamné, lundi 8 juin 2026, le maître coranique Serigne Khadim Mbacké à vingt ans de réclusion criminelle pour des faits d’abus sexuels commis sur plusieurs de ses anciennes élèves mineures à Touba.

Cette décision judiciaire met un terme à une procédure ouverte à la suite d’une série de plaintes déposées en 2023 par des familles accusant l’enseignant coranique d’avoir agressé sexuellement des fillettes âgées de 7 à 15 ans au moment des faits. L’affaire avait suscité une vive émotion dans la cité religieuse et au-delà, en raison du nombre de victimes présumées et du profil de l’accusé.

Selon les éléments présentés devant la juridiction, l’enquête avait été déclenchée après les révélations de plusieurs enfants à leurs parents. Au fil des auditions, de nouvelles dénonciations avaient émergé, conduisant les enquêteurs à recueillir les déclarations de vingt-huit mineures. Les investigations avaient également été appuyées par des examens médicaux réalisés par plusieurs spécialistes, dont les conclusions ont été versées au dossier judiciaire.

Les débats devant la Chambre criminelle ont été marqués par l’audition de nombreuses victimes qui ont relaté, chacune à leur manière, les sévices qu’elles affirment avoir subis dans le cadre de leur fréquentation de l’école coranique dirigée par l’accusé. Les témoignages recueillis au cours de l’instruction ont été largement repris lors de l’audience.

Face à ces accusations, Serigne Khadim Mbacké a constamment contesté les faits. À la barre, il a soutenu être victime d’un complot orchestré, selon lui, par certaines personnes de son entourage et par des adversaires animés de jalousie. Il a également expliqué avoir quitté Touba pendant plusieurs semaines après l’éclatement de l’affaire, affirmant avoir agi pour préserver sa sécurité face à la colère populaire.

Le ministère public, estimant les charges suffisamment établies, a requis une peine de vingt ans de réclusion criminelle. Le procureur a notamment mis en avant la cohérence des témoignages recueillis ainsi que les résultats des expertises médicales figurant dans le dossier.

Les avocats représentant les parties civiles ont, pour leur part, demandé que justice soit rendue aux victimes et à leurs familles, tandis que la défense a plaidé l’acquittement de l’accusé, contestant la solidité des accusations portées contre lui.

Après plusieurs heures de débats et de délibération, la Chambre criminelle de Diourbel a déclaré Serigne Khadim Mbacké coupable des faits qui lui étaient reprochés et l’a condamné à vingt ans de réclusion criminelle. Les intérêts civils ont été réservés.

Ce verdict met un terme à l’un des dossiers criminels les plus marquants examinés ces dernières années dans la région de Diourbel, une affaire qui a profondément marqué les familles concernées et suscité un large débat sur la protection des enfants au sein des structures d’enseignement.