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RELIGION : Biographie de Mame Elhadj Malick Sy parrain de l’édition 2015 du magal de Darou Khoudoss

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Fils de Sidy Ousmane Sy et de Sokhna Fatoumata Wade Wele, Malick Sy est né à Gaé (Gaaya en wolof) près de Dagana vers 1847. Sa date de naissance reste incertaine. En effet, la tradition orale indiquant que son « entrée dans ce village » eut lieu le 25 février 1855, il en a été déduit qu’il était né ce jour-là

Sa lignée paternelle est originaire du Boundou, c’est de là – bas qu’elle essaima vers Souima (dans la commune de Podor actuelle) et le Djoloff. Son père fit une partie de ses études en Mauritanie mais s’arrêta également à Gaya pour étudier un ouvrage auprès d’un érudit du nom de Malick Sow. Il y connut une veuve,Fatimata Wade dite Fawade Wéllé et la prit comme épouse. Elle se signalait par sa sainteté et sa sollicitude envers les Talibés (élèves des écoles coraniques) de la contrée. Pour eux, elle était une véritable Ndeyi daara (parent d’élève).Thierno Ousmane Sy devait mourir avant la naissance de Malick Sy, durant un séjour au Djoloff. Il put laisser cependant en héritage une bibliothèque et comme testament des instructions concernant l’éducation de l’enfant à naître. Il demanda également que le nom de son marabout à Gaya, Thierno Malick Sow fut donné à l’enfant qui naîtrait s’il était garçon. Sa mère et son oncle Alpha Mayoro Wéllé ne ménagèrent aucun effort pour l’éducation du jeune Malick. El Hadji Malick écrit lui-même dans son ouvrage Ifhâm al munkir al – jâni : « je fus recommandé à ses détenteurs -des sciences islamiques- les plus éminents et les plus compétents par mon oncle maternel… »

C’est ainsi qu’après avoir appris le coran qu’il mémorisa tôt, il sillonna le pays de long en large, d’Est en Ouest. Une quête obstinée qui dura vingt – cinq longues années lui permit d’asseoir de solides connaissances dans tous les domaines des sciences religieuses et même profanes (mathématiques, astronomies, prosodie et poésie). .

Malick Sy séjourne en Mauritanie, s’installe à Saint-Louis en 1884, puis à Louga, et Pire avant de s’établir à Tivaouane en 1902 suivant les suggestions de son beau père3 4l’érudit Mor Massamba Diery Dieng5père de son épouse Sokhna Yacine Dieng et à la suite d’une demande, dit-on, du grand notable Djibril Guèye qui l’invita à y rester. Il débuta sa formation religieuse à Gaé avec Thierno Malick Sow et Alpha Mayoro Welé, des parents de sa famille maternelle. Malick Sy ira poursuivre ses études coraniques au Djolof, vers Sagatta, avec son oncle Amadou Sy. Malick Sy alla au Fouta, dans le cercle de Saldé, chez Abdou Bitèye. Il finira sa formation coranique chez d’autres maîtres du Fouta, dont Mamadou Top à Podor. À Saint-Louis, Malick Sy rencontra sa première épouse Sokhna Rokhaya Ndiaye.

Il alla à la Mecque pour la première fois en 1888. Il revint de la Mecque avec le titre de Khalife de la Tidjaniya pour le Sénégal. Dans son travail d’initiation au tidjanisme auprès des Sénégalais, Il fut beaucoup aidé par les groupements omariens, eux-mêmes tidjanes. Malick Sy fit une propagande discrète, surtout centrée sur la diffusion de la confrérie dans les centres urbains, avec la construction de mosquées et de daaras – écoles d’enseignement islamique –, au Waalo, Cayor, Fouta, Djolof, Sine-Saloum.

En Afrique subsaharienne, Malick Sy a beaucoup contribué à la propagation de l’islam et de la confrérie soufie fondée par Ahmed Tijani. Fin lettré, il est l’auteur de plusieurs ouvrages dont Qilâsu thahab, « l’or décanté ». Une fois à Tivaouane, il œuvra pour la célébration du Maouloud parmi les musulmans du pays – où on l’appelle gamou –, à tel point qu’au Sénégal cette fête musulmane célébrant la naissance de Seydina Mouhamad (PSL) est surtout associée aux tidjanes.

Malick Sy s’éteignit le 27 juin 1922 à Tivaouane où il fut inhumé. Son mausolée fait l’objet de nombreuses visites, appelées ziar, de la part des nombreux disciples venus s’y ressourcer, surtout en période de Gamou où la ville de Tivaouane connaît une très forte affluence.

Postérité
La succession de Malick Sy à la tête de la tariqa tidjane est assurée par son deuxième fils Seydi Ababacar Sy pour le khalifat général des tidjanes de 1922 à 1957 plus précisément un lundi 25 mars. Le khalifat est donc assuré par son frère (El hadj Mansour Sy) mais pour une durée de quatre (4) jours car il est décédé le 29 mars 1957. Son successeur fut Abdou Aziz Sy, décédé le 14 septembre 1997. C’est son neveu Serigne Mouhamadou Mansour Sy qui prit alors la relève à la tête de la puissante et large confrérie. Il accomplit brillamment sa mission de khalifat jusqu’à son rappel à Dieu le samedi 08 décembre 2012 et est succédé par son frère Serigne Cheikh Ahmed Tidjane Sy dit Al Makhtoum, un très grand savant aux connaissances plurielles et multidimensionnelles.
La zawia de Malick Sy à Tivaouane figure sur la liste des sites et monuments historiques classés.

Son œuvre
Ifham al munkiru jaani (« réduction au silence du dénégateur ») : une défense de la Tijaniyya et de quelques points vue jurisprudentiels (traduit en français par Rawane Mbaye)
Khilaçu ez-Zahab : une biographie rimée très complète sur le prophète de l’islam, Seydina Mouhamad (PSL), et ses proches compagnons (notamment ceux issus de sa famille), régulièrement récitée lors des célébrations religieuses au Sénégal, particulièrement durant le mawlid (ouvrage traduit en français par Rawane Mbaye)
Sharh Khilaçu ez-Zahab : commentaire de cette biographie par l’auteur lui-même.
Zajr Ul Qulûb : un poème d’exhortations pieuses et ascétiques traitant de divers sujets.
Adâb Ul Masjîd : un poème traitant des convenances à respecter lorsque le fidèle se rend à la mosquée et y fait ses adorations.
Al Hidâyat Ul Wildân : un traité de théologie islamique (basé sur l’école ash’arite).
Faakihatul Tullab : un précis sur la Tijaniyya, ses enseignements et ses pratiques (traduit en français par Rawane Mbaye)
Diwan : un recueil de poésie sur Seydina Mouhamad (PSL), Ahmad Tijani, ‘Umar Ibn Sa’îd Tall Al Futi, et contenant d’autres connaissances islamiques comme l’héritage, la rhétorique et des conseils aux musulmans en général et aux fidèles tijanes en particulier.
Khutbatul Jumu’a : un prône de la prière du Vendredi
Khutbatul ‘I’d : un prône de la fête (tabaski et/ou korité)Kifayat ar-raghibîn (« ce qu’il faut aux bons croyants ») : une série de textes à caractères jurisprudentiels et spirituels traitant de sujets variés (traduit en français par le professeur Rawane Mbaye).
Il est nécessaire de noter que cette liste est loin d’être exhaustive puisque les écrits de Al Hajj Malick Sy sont très nombreux et son œuvre, tant au plan de la taille que de la richesse linguistique et rythmique, est à bien des égards incommensurable.